SMILF, l’héritière spirituelle de Shameless aux faux airs de film indé


La nouvelle dramédie de Showtime pourrait très bien être le spin-off de Shameless, en moins décalé et assurément plus brut et déstabilisant.

© Showtime

Cette dernière décennie, la petite lucarne a été prise d’assaut par toute une flopée de fictions singulières et résolument intimistes. Lassés des scénarios de procedurals impersonnels, plusieurs créateurs se sont alors mis en tête de concevoir leur propre série. Ainsi, en 2012, Lena Dunham donne vie à sa bande imparfaite de Girls et, trois années plus tard, c’est au tour d’Aziz Ansari d’inaugurer Master of None du côté de Netflix. En cette rentrée automnale, c’est à Frankie Shaw de s’illustrer en tant que showrunneuse et tête d’affiche pour SMILF, une dramédie parfois aussi dérangeante que son nom.

Plutôt connue des sériephiles assidus comme la sex friend dézinguée d’Elliot dans Mr. Robot, Frankie Shaw change de registre et prête ses traits à Bridgette, une mère célibataire qui trime dans son quotidien. Clairement paumée, elle s’occupe de sa fille Larry, un bambin adorable, tout en s’efforçant de décrocher des petits jobs pour joindre les deux bouts. L’héroïne de SMILF donne notamment des cours de soutien aux gosses d’une quinqua friquée (Connie Britton, parfaite) et refourgue parfois Larry à sa mère, une femme névrosée et lunatique au possible.

En bref, Bridgette mène une vie loin d’être enviable. Être spectateur de ses déboires peut se transformer en véritable épreuve tant ses choix peuvent paraître incompréhensibles. Qu’on se le dise, SMILF a tout pour devenir une série controversée et lourdement critiquée. Le temps du pilote, l’héroïne n’hésite pas à faire venir chez elle une ancienne connaissance avec laquelle s’envoyer en l’air, alors que sa gosse est en train de somnoler juste à côté d’eux dans le lit. Un acte aussi malsain pourrait attiser la haine et nous pousser à mépriser Bridgette. Or, il n’en est rien.

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© Showtime

La star de SMILF (qui signifie d’ailleurs “single mother I’d like to fuck” pour les retardataires) parvient à gagner doucement notre sympathie puisqu’il est évident qu’elle est totalement larguée et au bord de la dépression. Bridgette a tout d’un personnage périphérique dans Shameless, mais avec une profondeur tendant plutôt vers la tragédie. Cependant, sa psychologie reste difficile à cerner tant ses décisions et ses réactions peuvent souvent passer pour des incohérences.

Une seconde, Bridgette s’amuse sur son lit avec sa fille, la prenant dans ses bras et la faisant rouler sur les couvertures entre deux gloussements. L’instant d’après, elle se masturbe sur du Princess Nokia avec son PC sur les genoux, matant sans vergogne des photos de la nouvelle copine de son ex. L’enchaînement de ces situations, tantôt déplacées, tantôt attendrissantes, font de SMILF une série nuancée et complexe à appréhender.

Dans l’ensemble, et plus particulièrement par son rythme languissant et son esthétique feutrée, on croirait se trouver face à un long-métrage indie dégoté lors du dernier festival Sundance. Et dans les faits, on n’est pas si éloignés de la vérité puisque SMILF était initialement un court-métrage récompensé que Frankie Shaw avait réalisé en 2015. Au bout du compte, on peine à discerner quelle voie vont prendre les prochains épisodes. Une chose est sûre, si tant est qu’on aime un minimum les dramédies naturalistes, SMILF aiguise suffisamment notre curiosité pour nous donner envie de rempiler.

SMILF est diffusée depuis le 5 novembre sur Showtime aux States et reste inédite en France.

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