Faut-il vraiment manger plus gras ?


Le point avec la Dre Catherine serfaty-lacrosnière, nutritionniste

« Dans les années 1990 et 2000, on a préconisé une alimentation pauvre en lipides en les confondant tous. Or, il y a gras et gras: l’organisme ne sait pas fabriquer les acides gras essentiels, indispensables au renouvellement des membranes cellulaires, au transport des vitamines et au bon fonctionnement hormonal. Dans l’alimentation cétogène (c’est-à-dire sans sucre), on préconise de consommer beaucoup de gras (au moins 75 % au lieu des 30 % des AJR – apports journaliers recommandés). Le corps s’en sert comme substrat énergétique à la place du sucre. Cela améliore la tension artérielle, la glycémie, diminue le taux de triglycérides et aiderait à la prise en charge de pathologies (Alzheimer…). La diète cétogène favoriserait la longévité chez les souris, un résultat qui n’est pour le moment pas extrapolable à l’homme. Elle a même démontré des résultats supérieurs sur la perte de poids à un an. Mais c’est un régime très restrictif, difficile à suivre car il supprime la plupart des fruits et des légumes. Pauvre en fibres, il oblige à manger environ 200 g de matière grasse par jour, ce qui peut vite être écœurant et provoquer des troubles digestifs, le temps que le métabolisme s’adapte. Et il conduit à privilégier les aliments à index glycémique bas, sans trop augmenter sa ration de protéines. On peut l’adopter si on a une tendance à l’hyperglycémie, au pré-diabète ou une surcharge pondérale, c’est un choix personnel qui exige une solide motivation.»

Les conseils de Nelly et Ulrich Genisson*, auteurs du « Grand livre de l’alimentation cétogène » (éd. Thierry Souccar)

« Selon l’étude épidémiologique Pure**, plus on mange gras, moins on mange de sucre, moins on meurt prématurément. Pour adopter une alimentation cétogène, une phase d’adaptation est nécessaire. En effet, on ressent parfois des désagréments comparables au manque lié à la désintoxication, preuve de notre addiction au sucre. Il faut se préparer, trier ses placards et accepter de changer ses habitudes. Si ce régime cétogène doit être strict quand on le suit pour éviter certaines maladies, il est simple quand on a pour objectif de perdre du poids ou d’améliorer sa qualité de vie. Une fois mémorisés les aliments les moins riches en glucides, c’est juste un arbitrage d’ingrédients. Certes, c’est contre-intuitif au début pour un bec sucré, mais on en constate vite les bienfaits: on retrouve sa faim naturelle, on a moins de fringales et plus d’énergie. Souvent, on se met même à cuisiner: c’est rapide de faire une pâte à tarte avec de la poudre d’amande, et on redécouvre que certains légumes sont délicieux avec de la crème et du fromage râpé. Depuis soixante ans, on mange de tout, tout le temps et toute l’année, cela n’est pas physiologique. Il faut apprendre à sélectionner les aliments bons pour nous afin de redevenir maîtres de notre assiette.»
* Fondateurs du site eatfat2befit.fr
** Publiée dans « the lancet » en août 2017

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« Oui, mais pas n’importe quel gras » les précisions de Nathalie Sacreste, naturopathe

«L’alimentation cétogène a des atouts réels, mais il existe une manière plus douce d’apporter du bon gras à l’organisme. Car on en manque, c’est vrai, notamment d’oméga-3, 7 et 6, qui ont une action anti-inflammatoire, favorisent une meilleure assimilation des produits bruts (nutriments) au niveau de l’intestin, et agissent sur les neurotransmetteurs et certaines hormones comme le cortisol (dite hormone du stress), ce qui empêche le dépôt de mauvais cholestérol. Ajouter du bon gras à notre alimentation permet de vivre le plus longtemps possible en bonne santé. Et c’est génial sur le poids car on mange ainsi moins sucré : comme l’organisme peut utiliser immédiatement un gras biodisponible, il ne cherche plus de sucre, cela évite les pics d’insuline et élimine les pulsions sucrées en trois semaines.
Pour bénéficier de cet effet coupe faim, il faut consommer des huiles crues de qualité “première pression à froid” (colza, cameline, noix, olive…) un peu tous les jours, des poissons gras (sardines, maquereaux…) trois à quatre fois par semaine. Et se demander chaque jour quel bon gras ajouter à son repas: une cuillerée d’huile de cameline au mélange de légumes qui accompagne sa bavette cuite sans gras, quelques noix, fruits oléagineux ou olives à sa salade à l’avocat… Cela évite de développer ce bourrelet autour du ventre dont personne n’a envie. C’est bon pour la santé, goûteux et plus digeste. Contrairement à l’excès de mauvais gras qui fait grossir car l’organisme n’arrive plus à détoxifier la nuit.»

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