Zabou Breitman redéfinit la citadine avec sa série prometteuse Paris etc.


Avec la généreuse mais désordonnée Paris etc., la créatrice délivre une chronique sociale à l’américaine qui fait honneur à la Parisienne d’aujourd’hui.

En dépit des générations qui passent et se succèdent, la Parisienne a acquis une certaine réputation, faisant finalement d’elle un archétype qui confine au mythe. C’est bien connu, la résidente type de la ville lumière est cultivée, chic, éloquente et, dans la suite logique des choses, intrigante. Elle porte de beaux vêtements et exsude une confiance en elle imperturbable. Avec Paris etc., Zabou Breitman balaye ces idées préconçues et offre sa propre définition de l’habitante de la capitale.

Pour ce faire, la créatrice/réalisatrice/scénariste/actrice (porter plusieurs casquettes ne l’effraie clairement pas) nous présente cinq femmes aux vies et aux préoccupations complètement différentes. Leur seul point commun est, vous l’aurez deviné, de sillonner quotidiennement les rues de Paris. Au-delà de ça, Marianne, Mathilde, Nora, Gil et Allison se croisent mais ne se ressemblent pas. Elles sont tour à tour matures, infantiles, réservées, dévergondées. Bref, de vrais personnages féminins forts et travaillés, comme on peine à en trouver dans la fiction française (du moins, en si grand nombre).

© Les Films du Kiosque/Canal+

Avec sa dernière production résolument décomplexée, Canal+ propose une sorte de fresque sociale avec plusieurs strates narratives qui se superposent et, parfois, se chevauchent. En ça, la réalisation des épisodes est efficace puisqu’il nous arrive de voir une des héroïnes tranquillement installée sur un strapontin dans le métro, pensive, alors qu’un autre personnage est adossé nonchalamment à la barre métallique de la rame en arrière-plan, prêt à descendre à la prochaine station. Grâce à ces plans réfléchis, Paris etc. consolide un récit qui aurait autrement été décousu.

Cela ne veut pas dire que l’œuvre de Zabou Breitman est irréprochable : la série peut se révéler désordonnée. La multitude d’intrigues parallèles, et les personnages périphériques qui s’y accrochent, peut parfois donner le tournis et nous fait surtout regretter de ne pas découvrir les histoires de ces femmes individuellement. Contées de façon inégale, les vies de ces Parisiennes contemporaines sont plutôt réalistes – à l’exception d’un personnage aux traits exagérés. On pense par exemple à l’innocente Allison, vingtenaire fraîchement débarquée pour un stage, passant de campagnarde fiancée pro-FN à nana sexuellement libérée. Son évolution paraît un peu précipitée pour être entièrement crédible.

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En dépit de ces quelques défauts, Paris etc. est une réussite. Dès la scène d’exposition de son pilote, les téléspectateurs de Canal+ assisteront à un passage érotique (une habitude pour cette première saison) où Marianne, quinquagénaire névrosée incarnée par Valeria Bruni Tedeschi, prodigue une fellation à son conjoint et se voit contrainte d’avaler au moment où le couple est surpris par son fils. Drôle et osée, la série s’affranchit des complexes qui font habituellement faiblir la fiction bleu-blanc-rouge.

© Les Films du Kiosque/Canal+

Au fil des douze épisodes qui composent cette salve inaugurale, Paris etc. oscille avec un certain équilibre entre un humour subtil, jamais lourdingue, et des thèmes en revanche émotionnellement pesants, tels que le suicide ou la fausse couche. Somme toute, le bébé sériel de Zabou Breitman prend des risques (à l’échelle des productions françaises, précisons-le) et coche toutes les cases pour être qualifié de dramédie, de par son mélange dosé des deux extrêmes. On reconnaît, et on salue, les influences des productions américaines, que sa créatrice assume pleinement.

Cerise sur le gâteau, Paris etc. fait honneur à la capitale dont elle s’inspire, portant à l’écran aussi bien les tours vertigineuses du 13e arrondissement que les quartiers plus bobos. La série pose même ses caméras au carrefour du Petit Cambodge et du Carillon, mentionnant explicitement la tragédie des récents attentats et, de fait, ancrant sa trame dans l’actualité. Pourtant, Paris etc. n’a pas besoin de ça pour montrer qu’elle est en accord avec son temps. Ses héroïnes, ses Parisiennes attachantes, débridées, imparfaites, suffisent amplement.

Paris etc. entame la diffusion de sa première saison dès ce lundi 27 novembre sur Canal+.

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