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Le générique de Big Little Lies décrypté

Quand le réalisateur franco-canadien Jean-Marc Vallée fait son entrée dans le monde des séries, il ne lésine pas sur le style.

Ces dernières années, HBO s’est démarquée du paysage sériel avec des productions à gros budget telles que Game of Thrones et Westworld. Derrière ces mastodontes du petit écran se cachent de petites séries, plus confidentielles, mais non moins méritantes. Parmi elles, se trouve Big Little Lies. En dépit de son casting cinq étoiles (Reese Witherspoon et Nicole Kidman, pour ne citer que deux grands noms), la série semble passer injustement incognito. Et pourtant, son générique suffit à lui seul à nous donner envie de découvrir les dessous de Monterey.

Suivant la tendance des génériques ultralongs, Big Little Lies s’est dotée d’une musique enivrante pour ses crédits d’ouverture. Rarement une chanson aura aussi bien capturé l’essence d’une série. La voix éraillée de Michael Kiwanuka, artiste soul originaire du Royaume-Uni, se marie parfaitement bien avec les images soignées de ce générique. On y retrouve des plans constamment en mouvement de Monterey et sa côte californienne tandis que les protagonistes féminins sont aperçus de profil, conduisant leurs garnements à l’école.

Par-dessus tout, une majeure partie des crédits consiste en un enchaînement constant de plans de l’océan, avec ses vagues et ses récifs, qui s’entremêlent avec des corps qui s’effleurent. Une sensualité feutrée émane de ces fondus à répétition, mettant subtilement en lumière l’un des aspects primordiaux de la série. En effet, le rapport au sexe occupe une place de premier ordre dans Big Little Lies, d’autant plus associé avec l’océan.

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Connu pour sa symbolique de l’infini, l’océan apporte ici davantage un effet de cloisonnement qui colle si bien aux trames des protagonistes féministes. Comme si elles étaient à deux doigts de se laisser submerger par les émotions qui les rongent continuellement. Ce ressenti est accentué par les paroles du morceau de Michael Kiwanuka, sobrement intitulé « Cold Little Heart ». Elles illustrent plus que tout la relation autodestructrice entre Celeste (Nicole Kidman) et Perry (Alexander Skarsgård).

Ce générique n’est pas sans rappeler celui d’une autre œuvre sérielle de la même trempe, l’incontournable The Affair. Les deux partagent des thématiques communes (intrigue policière, relations de couple nocives) et se servent de l’océan pour symboliser la suffocation dont sont victimes les personnages.

Ces images illustrent parfaitement la thématique de la passion, dans sa dimension la plus sombre. La passion qui retourne l’estomac, qui attriste, qui blesse. Derrière les villas luxueuses et les sourires de convenance, qui sont monnaie courante à Monterey, se cache un profond malaise. Un sentiment d’étouffement, sublimé par ce générique à l’esthétique toujours impeccablement travaillée de Jean-Marc Vallée, réalisateur de Big Little Lies.

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